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Microsoft : un data center sous la mer écossaise, bonne ou mauvaise idée ?

25 juin 2018

Microsoft s’est lancé dans un test grandeur nature en immergeant un data center au sein de l’archipel des Orcades au large de la mer qui borde l’Ecosse. Le but :  réduire les coûts et économiser de l’énergie. Même si ce test respecte ses engagements il y a encore de nombreuses problématiques qui soulèvent un bon nombre de questions. Car avant de présenter cette alternative comme étant LA solution écologique au stockage de ces sacro-saintes données, encore faut-il être sûr qu’elle respecte ses engagements ! Alors on enfile son plus beau maillot de bain, on met ses palmes, son tuba et on se prépare pour une petite virée au sein de la mer écossaise !

Le projet Natick : un data center immergé

C’est le groupe Naval qui s’est occupé d’assembler les différentes pièces de ce fameux data center, au sein même de l’hexagone. Pour que vous puissiez vous faire une idée, il vous suffit d’imaginer de gros cylindres blancs de 12,2m de long contenant plus de 860 serveurs, tous opérationnels. Fonctionnels grâce à un ensemble de câbles sous-marins, ces serveurs sont directement reliés à l’île d’Orkney par un réseau d’énergie marémotrice et éolienne et transportent ainsi les données de façon quasi instantanée.

Un data center sous les eaux écossaises
Le projet Natick voit le jour

Il s’agit ici d’un projet assez innovant qui pourrait changer complètement le système du stockage de données et pourrait permettre de relier des zones reculées à de véritables bases de données en boîtes. Le projet se constitue en étapes successives afin d’attester de la viabilité de cette solution. La première phase consistait à trouver une solution viable pour stocker ce data center sous les eaux. C’est désormais chose faite. La deuxième étape, un peu plus problématique (et vous le verrez dans la suite de cet article) et centrée sur la faisabilité écologique, environnementale, logistique et économique.

Un gain considérable pour la multinationale

Pourquoi faire ça ? Selon les porte-paroles du groupe Microsoft, il s’agit ici de pouvoir faire en sorte de proposer des solutions innovantes et qui soient plus respectueuses de l’environnement.

D’ailleurs, lorsque l’on jette un coup d’œil au graphiques expliquant  le rapport entre la consommation et la production du site d’Orkney on se rend compte que le data center consommerait moins que ce que l’installation énergétique parvient à créer, de ce fait l’excédent peut être redirigé vers l’Ecosse pour être utilisé. En cela, ce site est intéressant !

C’est aussi un moyen de pouvoir répondre à un accroissement de la demande en termes de stockage de data. Les data centers sont souvent des infrastructures qui occupent de l’espace et qui consomment énormément d’énergie notamment pour le refroidissement des serveurs. Les immerger semble donc être une bonne idée pour économiser énergie et avoir de l’espace, enfin en tout cas, cela paraît être une bonne solution sur le papier.

Un projet qui soulève quand même de nombreuses questions !

Un tel projet, qui « paraît » prendre en compte l’environnement soulève quand même de nombreuses questions et nous sommes en droit de nous demander si le data center sous-marin Natick sera vraiment « eco-friendly ».

Premier point qui nous inquiète, les installations sous-marines et leur impact sur l’environnement. On est bien d’accord sur le fait que les fonds marins pourraient accueillir ce genre de structure vu la surface que ceux-ci représentant à l’échelle planétaire. Mais qu’en est-il de la faune et la flore marines qui souffrent déjà de notre façon de produire et de consommer ? Installer des choses similaires ne pourrait-il pas faire plus de mal que de bien en accélérant le dégradation de la vie marine ?

Ce data center posera-t-il problème sur le long terme ?
Quel danger pour les océans ?

Les matériaux utilisés pour ces constructions sont-ils bons pour l’environnement ? Qu’en est-il des éoliennes et des infrastructures qui servent à alimenter ce data center ? Comment vont-elles vieillir ? Vont-elles se dégrader jusqu’à devenir nocives à la fois pour nous mais pour l’environnement lui-même ? Que se passe-t-il en cas de problèmes techniques ? Comment est composé le data center situé à l’intérieur du cylindre étanche ? Ses composant ne sont-ils pas dangereux pour les poissons en cas de problèmes ? Pour être convaincu de la réelle innovation du projet, il faudrait que l’on parvienne à obtenir les réponses à toutes ces questions. En attendant on jouera juste la carte de la méfiance.

Notre but n’est absolument pas de passer pour les vieux réac’ de service, vous savez désormais qu’on est plutôt en phase avec le progrès. Néanmoins, ce sont des questions qui doivent être posées afin d’être sûrs de voir clairement à travers le spectre marketing que véhicule trop souvent ce genre d’initiatives.

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